Des arrivistes et un roitelet

Lu dans le dernier bouquin de Cizia Zykë, Oro and co, Fleuve noir, 2009 :

« C’est bizarre, mais je la trouve de nouveau emmerdante, cette bonne vieille France. Le vent de tolérance qui soufflait sur elle pendant ces deux dernières décennies est tombé. Mes compatriotes sont en train de perdre des libertés, qui avaient pourtant été difficiles à gagner. A croire qu’une chape de plomb invisible descend lentement sur la population.

Les artistes et les intellectuels qui ont le devoir de critiquer et de remettre en cause les dirigeants, pour leur rappeler qu’ils sont des serviteurs du pays, sont devenus des collabos et des vedettes de télévision. Les comiques de scène qui se doivent de tirer à boulet rouge sur toutes les tares de la société racontent des histoires de fesses. (…) Et ça ne doit pas être tout à fait un hasard si, dans le même temps, on voit surgir de partout, comme une nuée de corbeaux, des religieux de l’espèce la plus intégriste.

Il n’y a plus d’opposition au pouvoir. Les socialistes français sont en perdition. Les pontes du parti de Jean Jaurès sont désormais des arrivistes aussi lamentables que ceux qu’ils devraient combattre. Ridicule spectacle d’idées grandes et généreuses qui se terminent en bagarres d’ambitieux.

Comment le pays qui s’enorgueillit d’avoir inventé les droits de l’homme peut-il se vanter haut et fort de renvoyer chez eux les sans-papiers, c’est à dire rejeter plus de vingt mille affamés à leur misère ?

C’est dommage. J’avais une petite sympathie pour le côté positif du président français. Je pensais qu’il avait une carrure internationale. Mais, hélas, il s’est transformé en roitelet vindicatif ; ça commence à puer la dictature.

Il serait temps que que le peuple de France se réveille et entre en lutte. C’est son droit. C’est son héritage. Vive la révolution ! Poil au fion. »

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« Trait d’Union » porte plainte pour abus de biens sociaux

La régie de quartier Trait d’Union installée 10 Centre commercial du Vieux-Puits à Lucé « favorise l’insertion sociale et professionnelle, recrée et renforce le lien social, construit avec les habitants une citoyenneté active« , dixit sa plaquette de promotion.

Or, au cours du printemps dernier, sa direction a été grandement bouleversée suite aux démissions successives de son président et de sa directrice.

La Piquouse vient d’apprendre que la nouvelle présidence de la régie a porté plainte hier au commissariat de Chartres pour abus de biens sociaux.

Les sept permanents et les quarante-et-un salariés en insertion n’ont pas de soucis à se faire car la situation comptable serait saine, selon la nouvelle direction. Cependant l’image de l’association pourrait être ternie par cette affaire dont tout le monde se serait passé.

La plainte a pour objet de faire en sorte que les responsables de la situation remboursent les dérapages à la fois pour l’exemple et pour garder la confiance des partenaires institutionnels.

« Qu’il était sanglant mon Parti socialiste chartrain… » (3)

Acte 3 : Vallet double Santerre.

2001 : Françoise Vallet, catégorie « société civile » sur la liste Ory, entre au conseil municipal à la faveur de la démission anticipée de la lemoiniste Maryse Chériot. Cette ancienne professeur d’allemand (comme Lemoine) profite de l’effacement de Pascal Ory et du manque de cohésion de l’opposition municipale pour tisser sa toile, notamment en se hissant à la présidence de l’association Réagir pour Chartres.

En 2002, lors d’une opération Portes Ouvertes organisée par le PS, Vallet se fait littéralement jeter hors du siège socialiste de la rue de la Clouterie par Brigitte Santerre, une obscure apparatchik socialiste proche de Laurent Rabaté et manœuvrée par lui pour prendre le contrôle du PS chartrain après la déconfiture du clan Lemoine. Simplement, Santerre a senti le danger que représente la nouvelle donne Vallet et sa stratégie d’entrisme.

En mars 2004, à la cantonale de Chartres Sud-Ouest, dans un contexte très favorable pour la gauche, Brigitte Santerre conquiert le fauteuil du conseiller général-maire-sénateur UMP Gérard Cornu. Le tremplin idéal pour une candidature à la législative du printemps 2007 dans la 1ère circonscription d’Eure-et-Loir que le PS réserve à une femme. Egalement pour son coach Rabaté qui rêve de revanche municipale personnelle.

Pendant ce temps, Françoise Vallet travaille dans l’ombre avec ses réseaux. Elle prend sa carte au PS et surfe sur la vague Royal gonflée par les nombreux nouveaux adhérents à 20 euros. Sans le soutien de Laurent Rabaté, débarqué en 2005 de son poste de patron du PS 28 au profit du très influençable Patrick Dubourg, Brigitte Santerre est finalement devancée par sa rivale (31% contre 69%) lors du vote des militants en juin 2006.

Flouée et terriblement aigrie, Santerre rompt avec ses premières amours socialistes et, par esprit de vengeance, entreprend un flirt avec la majorité de droite au conseil général…

A suivre l’acte 4 : les trahisons de Vallet.

Mauvaise foi

Après le diable et ses représentations, quoi de plus naturel que de nous intéresser à une autre figure qui lui est étroitement associée : la femme. Comme le premier, elle n’est guère représentée dans la cathédrale. Il faut faire exception, bien entendu, de la Vierge. Exception notable, sans doute, mais sa condition même de vierge la disqualifie en tant que femme réelle : il s’agit plutôt d’une icône, d’un idéal maternel et consolateur.

Si la femme est donc largement sous représentée par rapport à la gente masculine, elle est de plus souvent associée au diable. Elle est la pécheresse par excellence et fournit des tableaux fort suggestifs et édifiants en tant que damnée, la plus touchante étant celle traînée à dos de diablotin, une longue chevelure balayant le sol. Elle évoque avec quelques siècles d’avance certaines scènes des camps de Buchenwald ou de Dachau.

Pour ceux qui douteraient encore de ce rapprochement significatif de la femme et du diable, on peut encore étudier comment sont représentés les douze vices et les douze vertus : le Désespoir est une femme se transperçant avec une épée, la Folie une femme tenant une massue, la Colère une femme repoussant un moine, la Dureté une femme encore repoussant du pied un valet agenouillé devant elle. Quant à la Discorde, c’est une scène de ménage, avec une quenouille brisée et une cruche renversée.

Quant aux autres figures féminines, ont peut les compter sur les doigts de la main : Sainte-Anne, associée à la vierge comme il se doit, Marie-Madeleine (la pécheresse !) , la reine de Saba. Même Eve ne tient qu’une place anecdotique.

On se doute bien que les XIIème et XIIIème siècles ne sont pas des siècles particulièrement féministes. N’en déplaise à l’éminente médiéviste Régine Pernoud et son très bon opuscule « la femme au temps des cathédrales », la femme demeure un personnage secondaire, un objet. Elle est responsable et coupable du pêché originel. On la soupçonne donc tout à la fois de porter en elle l’hérésie, le maléfice et le poison. « Le sexe féminin est considéré impétueux, incapable d’assouvissement et dévorant » (Chaucer). La Charte d’Aadenburg est tout aussi explicite : « Si les femmes n’étaient pas bonnes et leurs conseils inutiles, Dieu ne les aurait jamais consacrées comme l’aide de l’homme mais plutôt comme la cause de mal. » Charmant, n’est-ce pas ?

A coup sûr, quelqu’un se risquerait à écrire ça aujourd’hui, il serait aussitôt pendu par les pieds avec un écriteau : « Ligue féministe » ou pendu par la queue du renard : je n’ose même pas y penser…

Tout de même, qui peut contester que la mauvaise foi est l’apanage de la gente féminine ? Prenez ma copine actuelle, par exemple : c’est un modèle du genre. La précédente, pareil. La précédente de la précédente, idem. La prochaine, j’en prends le pari, pile poil la même chose. C’est bien simple : à tous les coups, on gagne ! CQFD.

Quant à toutes celles qui, en toute mauvaise foi, bien sûr, viendraient à me reprocher un quelconque machisme, qui leur dit, après tout, que je ne suis pas l’une des leurs ? Ou que, à tout le moins, c’est ma part de féminité qui est cachée au plus profond de moi, qui parle ? Et pan !

Etre diabolique par excellence, Eve tentatrice, Salomé séductrice, Messaline corruptrice, mantes religieuses en séries, comme les serials killers, l’éternel féminin : non, merci. Je suis allé à bonne école : il faut bien que je justifie le titre de ma nouvelle du jour…

Maître Goupil, « les nouvelles mystérieuses de la cathédrale de Chartres » (27)

Souvenez-vous : « le garage bidon de Gorges ! »

Vous avez dit "garage"...?

Une boulangerie de la place des Halles à Chartres fermée sur décision préfectorale suite à de « graves manquements en matière d’hygiène », dixit L’Echo républicain. Triste histoire qui nous ramène plus de six ans en arrière avec l’article ci-dessous publié dans L’Aiguillon n°39 (mars 2004).

« Menteur et tricheur, la coupe est pleine au sujet du député-maire UMP de Chartres. Domicilié dans le coeur de ville, à deux pas de la mairie, Jean-Pierre Gorges a pris la mauvaise habitude de garer sa voiture de fonction municipale (une Vel Satis immatriculée 3337 VP 28) devant chez lui, carrefour des Halles, sur le domaine public et devant un panneau d’interdiction de stationner. Evidemment, il bénéficie de l’impunité la plus totale quand les autres Chartrains sont régulièrement verbalisés pour la même incivilité.

L’Aiguillon a demandé à Daniel Guéret, l’adjoint chargé de la Sécurité, pourquoi il ne fait rien pour obliger le 1er magistrat municipal à respecter la loi commune. Sa réponse, datée du 2 octobre 2003, est ainsi formulée : « Le panneau que vous me signalez est installé à cet endroit pour maintenir l’accès libre à un garage privé, dont Monsieur le Maire a l’usage. »

De fait, entre le domicile du maire et la boulangerie qui fait l’angle avec la place des Halles-François Mitterrand, est visible la porte de ce qui ressemble à un garage. Pour « preuve », le traditionnel avertissement apposé sur un battant : « Prière de ne pas stationner, sortie de voitures« . Depuis quelques semaines (à cause de L’Aiguillon), ont même été vissés les numéros des plaques minéralogiques de deux des véhicules de la famille Gorges, pour bien signifier qu’il s’agit de leur garage.

Le scandale, c’est que ce garage n’en est pas un ! Derrière la porte, se trouve une sorte de sas qui débouche sur un local avec un sol dallé d’un blanc immaculé et des étagères qui occupent tellement d’espace qu’un scooter n’y tiendrait pas ! En réalité, ce prétendu garage est utilisé comme …laboratoire de fabrication par la boulangerie voisine.

Nous ne nous risquerons pas à accuser cette vénérable entreprise, de même que Daniel Guéret et la police municipale, d’être complices de la tricherie… Pour l’heure, il nous suffit de savoir et de faire savoir que Gorges est un menteur. »

Gerda Taro

La tombe de Gerda Taro au cimetière du Père-Lachaise

Gerda Taro, de son vrai nom Gerta Pohorylle, aurait eu cent ans cette année. Juive allemande d’origine polonaise, elle était née le 1er août 1910 à Stuttgart, et non en 1911 comme il est indiqué sur sa tombe.

Cette femme libre et magnifique était reporter photographe. La première du genre. Elle avait fui le nazisme en 1933, s’était fixée à Paris, et y avait rencontré André Friedmann, alias Robert Capa, qui allait bientôt devenir son amant.

Envoyée en Espagne pour couvrir la guerre civile, elle se trouvait près de Madrid le 27 juillet 1937 sur le champ de bataille de Brunete quand elle fut écrasée accidentellement par un char républicain. Elle décéda le lendemain.

Son corps rapatrié en France fut inhumé le 1er août 1937 dans le cimetière parisien du Père-Lachaise, en présence de milliers de personnes. Son éloge funèbre fut prononcée par Pablo Neruda et Louis Aragon.

La prochaine fois que vous irez au « Lachaise », allez vous recueillir sur sa tombe, section 97, tout près du Mur des Fédérés et de la tombe de Jean-Baptiste Clément, l’auteur du Temps des cerises.

« Qu’il était sanglant mon Parti socialiste chartrain… » (2)

Acte 2 : l’erreur de casting

1995 : Georges Lemoine rempile pour son quatrième mandat consécutif de maire. Le mandat  de trop. Car, depuis 1993, la situation financière de la ville est gravement détériorée à cause d’un laxisme impardonnable. L’étendue des dégâts, notamment l’endettement considérable, est révélée publiquement en septembre 1996 par un rapport de la Chambre régionale des comptes.

Laurent Rabaté, nouvel adjoint aux finances, est chargé de réaliser le plan d’austérité drastique. Bordelais d’origine, Rabaté  a débarqué à Chartres une décennie plus tôt comme stagiaire de l’ENA. Ce magistrat de la Cour des comptes, agrégé de russe, fan de Bruce Springsteen (ce qui le classe définitivement dans la catégorie des gens de qualité) a le charisme de Buster Keaton. Pour autant, il est un remarquable technicien maîtrisant ses dossiers municipaux.

A l’entame du mandat précédent (1989-1995), Lemoine a fait miroiter à son adjoint aux travaux la place de dauphin. Mais au moment où le scandale financier éclate au grand jour, Rabaté a le malheur de piquer une grosse colère contre son mentor. Ce dernier ne lui pardonnera jamais.

En 1998, une nouvelle fois touché par le cumul des mandats, Lemoine échange son poste de maire avec celui de son 1er adjoint Jean-Louis Guillain. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à tirer les ficelles.

A l’automne 1999, il provoque la stupeur chez bon nombre de militants socialistes en désignant Pascal Ory comme son héritier pour l’élection municipale de 2001. L’adjoint à la culture de l’époque a beau être un éminent historien universitaire, la greffe ne prend pas avec l’électorat de gauche chartrain. De surcroît, inspiré par Lemoine, Ory commet la double erreur de maintenir Rabaté sur la touche et de refuser de travailler avec l’association rénovatrice et alternative Energies Citoyennes.

Ajoutez l’usure et l’inertie du pouvoir municipal, vous obtenez tous les ingrédients pour fabriquer la défaite de mars 2001. A suivre l’acte 3 : Vallet double Santerre.