Quand la peur des nomades faisait gagner Taugourdeau

Mars 1998, renouvellement par moitié du conseil général d’Eure-et-Loir. Dans son canton de Châteauneuf-en-Thymerais, le président RPR Martial Taugourdeau paraît intouchable, même face à la concurrence du maire du chef-lieu de la circonscription électorale, le divers gauche Jean-Pierre Gaboriau.

Pourtant, au soir du premier tour, Taugourdeau est inquiet. Il n’a recueilli que 1602 voix contre 1519 à Gaboriau et presque 600 au candidat du Front national. Et Gaboriau dispose d’un réservoir de trois cents voix que se proposent de lui apporter deux candidats de gauche non qualifiés pour le second tour, un communiste et un chevénementiste.

C’est alors que quelqu’un (d’influent dans le Drouais) imagine un stratagème pour faire perdre Gaboriau. Comme quoi Sarko n’a rien inventé… Dans l’entre-deux-tours, un tract anonyme est diffusé auprès des électeurs de la commune de Maillebois, dans le nord du canton. Qui contient le message suivant : si la gauche devient majoritaire au conseil général avec Georges Lemoine comme nouveau président, celle-ci réalisera un camp de grand passage pour les gens du voyage sur l’ex-base aérienne de l’Otan à Crucey-Villages, juste à côté de Maillebois.

Ce projet existe effectivement, mais uniquement dans la tête du cumulard chartrain de l’époque, qui ne s’est pas concerté avec ses amis politiques. Comme d’hab’. Le maire de Châteauneuf est pris au piège et le temps lui manque pour démentir…

Au premier tour, à Maillebois, Gaboriau avait remporté 151 suffrages et Taugourdeau 148.

Au second tour, le 22 mars, à cause de l’affaire des nomades, Taugourdeau cartonne à 181 voix contre seulement 148 pour Gaboriau.

Et dans l’ensemble du canton, Martial Taugourdeau gagne contre Jean-Pierre Gaboriau de seulement… douze voix.

Sans compter que le recours du vaincu devant le tribunal administratif d’Orléans sera rejeté…

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Dites « vingt-neuf… »

Les vingt-quatre cantons de l’Eure-et-Loir avant la réforme de 1973.

Le saviez-vous ? Entre 1833 et 1973, le département d’Eure-et-Loir  fut découpé en vingt-quatre cantons, un par conseiller général.

A cause de l’augmentation démographique dans les agglomérations de Chartres et de Dreux, un décret du 23 juillet 1973 fit disparaître les traditionnels cantons de Chartres nord et de Chartres sud au profit des cantons de Chartres nord-est, de Chartres nord-ouest et de Chartres sud-ouest. Dans le même temps, le canton de Dreux fut divisé en deux cantons : Dreux nord-est et Dreux sud-ouest. A cette date donc, l’Eure-et-Loir comptait vingt-sept cantons.

Une décennie plus tard, par le décret du 15 janvier 1982, le canton de Chartres nord-ouest a été divisé en deux : les cantons de Lucé et de Mainvilliers. De plus, les deux cantons de Dreux ont été redécoupés en trois : Dreux est, Dreux ouest et Dreux sud. Aujourd’hui, l’Eure-et-Loir compte donc vingt-neuf cantons, pour autant de conseillers généraux.